L'arbre au coeur


Nicolas Brahic, éleveur et inventeur

Élever des cochons sans les nourrir aux céréales voilà le défi que relève Nicolas Brahic dès 2007.

Ce jeune éleveur érudit se relie ainsi à ses deux grand-pères, l’un agriculteur et l’autre boucher charcutier. Le Cochonnet du Larzac relève d’une tradition régionale : c’est un cochon de lait qui parvient au terme de son sevrage naturel au poids de 40 kg vif.

Les animaux vaquent en extensif dans des parcs délimités dans la forêt par des poteaux forés dans la roche et la clôture qui les relie. L’achat des céréales externes plombe la rentabilité de l’élevage biologique. Nicolas rêve d’autonomie alimentaire. Il dispose de broussaille à volonté composée principalement de buis. Cela lui inspire de faire quelque chose avec cette matière abondante.Cochons du Larzac vaquent sur terrain


Le broyage demande une main d’œuvre trop conséquente car, de hauteur d’homme, la broussaille est quasi impénétrable.

La connaissance du broyat de broussaille prôné par la Méthode Jean Pain lui donne l’idée de pré composter cette matière. Celui qu’il produit lui sert déjà de litière pour les truies et leurs portées.

Convaincu que les seules vraies barrières sont dans la tête, Nicolas se lance dans la conception d’une machine capable de débroussailler « propre » sans arracher et de broyer aussitôt le produit de la coupe. Il mobilise de multiples énergies humaines, des constructeurs mécaniques notamment, et les met en mouvement.

Sa machine prototype construite lui apporte des espoirs qu’il n’aurait jamais imaginés auparavant. Elle lui donne 30 m3 de broyat de buis essentiellement pour 8 heures de travail journalier d’un conducteur dont 6 heures de coupe et broyage simultanés. Ce « nettoyage », auquel s’ajoute la coupe des branches basses qui affranchit utilement les grands arbres, stimule la forêt par la simple lumière qu’elle y réintroduit.

Le broyat, majoritairement de buis, obtenu est pré composté quatre ou cinq mois après un simple arrosage sans nécessiter de retournement : un contexte idéal pour le foisonnement des larves de cétoines dorées, une « friandise protéinée naturelle » d’exception pour les cochons ! L’autonomie alimentaire démarre.

Nicolas récupère le pré compost qu’il nomme « BuxOr ». Il le fait tester par des professionnels maraîchers et agriculteurs et agréer par Ecocert : le sol ainsi soigné évolue comme avec le BRF ; le semis direct sur le BuxOr est même possible selon les premiers retours d’expériences.

Comme le dit Nicolas : «Il faut chercher une cohérence avec son milieu et remettre la forêt au cœur de l'exploitation. »  Une performance saluée par le conseil général de l’Hérault qui lui a attribué, outre une subvention d’équipement, un marché de débroussaillage avec l’ONF de quelques 2000 ha.

Et Nicolas compte beaucoup sur le site du BRF pour vendre tout ce qu’il va pouvoir produire…

Bienvenue et… multiplions les cochonnets des bois !

Février 2015 : Buxor veut prendre un nouvel élan avec une nouvelle machine de récolte de la broussaille, plus performante. Cela résulte d'un an et demi de pratique avec la première machine. Le buxor permet le semis direct en maraîchage et constitue une excellente litière animale, confortable et saine. Rendez-vous sur la Plateforme Blue Bees pour découvrir le projet de cette machine plus en détail et, si le coeur vous en dit, participez à son financement. 

Juin 2015 : L'offre Buxor faite sur Blue Bees a abouti et le projet est financé : merci à tous ceux qui ont contribué. A bientôt. 

3 mars 2016 : Nicolas Brahic et son EARL Terres Libres sont Lauréats des Trophées de l'Excellence Bio en catégorie Producteur, une occasion de faire parler de ce nouveau paradigme qui met l'arbre au coeur de la fertilité naturelle des sols.