Installé sur le sol, le BRF nous invite à découvrir le rôle du « non-agir » au devant des organismes qui bientôt fourmillent. Le sens de l’observation incite à tenter de comprendre comment fonctionne la vie, nous qui sortons de son creuset, la terre. Un peu d’humilité est nécessaire. Il faut miser gagnant sur les forces vives de la nature.
Quels sont les processus à l’Ĺ“uvre ?
La terre
contient plus ou moins des spores de
champignons. Mais celles-ci hibernent la plupart du temps. Le contact avec
du bois de branches, comme cela se produit naturellement en forêt, déclenche la
germination des spores.
Au contact du
bois, la spore émet des enzymes à l’extérieur qui vont réagir au
contact de la lignine, ce sucre
complexe qui donne la rigidité au bois. La partie fraîche du BRF, notamment
issue de la sève sous l’écorce lacérée, semble jouer un rôle important dans ces
échanges biochimiques : sucres en formation, acides aminés, peptides, bio
catalyseurs, etc.
Les produits
de la réaction entre les enzymes émises et les substances rencontrées sont en
partie réintégrés par le champignon pour construire la croissance de ses filaments mycéliens : la matière
fongique se développe en abondance et stimule la multiplication de la faune fongivore : acariens,
collemboles, micro arthropodes.
Ces animaux
se meuvent dans le sol et créent des galeries qui favorisent son oxygénation.
Les déjections produites ou boulettes fécales attirent d’autres êtres vivants
et c’est bientôt un réseau alimentaire
complexe qui s’installe liant chaque maillon par des relations d’échange et de
dépendance relative.
La faune se
complexifie jusqu’aux espèces
régulatrices comme les scorpioïdes ou arachnides. Le sol devient vivant,
diversifié et doté d’un savoir faire qui s’exprime bientôt sur les plantes
cultivées : développement végétatif sans stress notamment hydrique, régie
nutritionnelle en faveur des plantes, floraison et fructification optimales,
récolte abondante, qualité gustative des produits, etc.
Il est
communément admis que l’être vivant le plus lourd sur la planète est la matière fongique et l’être animal le
plus lourd le ver de terre. 80% de
la biomasse vivante se retrouve d’ailleurs dans le sol planétaire. On dit du
BRF qu’il aggrade le sol et on parle d’aggradation
ce qui signifie littéralement « aller
vers un état de progrès », formule qui introduit sa qualité de durabilité.
Jardin potager, massif de fleurs, plantes ornementales, verger fruitier, cultures agricoles, espaces verts, plantes ligneuses, et bien d'autres encore sont des lieux possibles pour faire l'expérience du BRF. Cela appartient à chacun de nous de s'y lancer tant le BRF n'est pas une affaire de spécialistes. Nous pouvons ainsi découvrir, petits et grands, cette nouvelle façon d’appréhender la santé de la terre et observer ce qu’elle nous chuchote dans sa manière de réagir au BRF.