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Profil de sol 6 mois après l’épandage du BRF ou bois raméal fragmenté : sous les reliquats de broyat, le sol acquiert une structure cavernicole créée par la faune réintroduite ; il s’aère, gagne de l’oxygène ce qui favorise la percée du mycélium de champignon en profondeur : zone blanche sur la gauche de la pelle bleue.           ©BRF génération.

Installé sur le sol, le BRF nous invite à découvrir le rôle du « non-agir » au devant des organismes qui bientôt fourmillent. Le sens de l’observation incite à tenter de comprendre comment fonctionne la vie, nous qui sortons de son creuset, la terre. Un peu d’humilité est nécessaire. Il faut miser gagnant sur les forces vives de la nature.

Quels sont les processus à l’Ĺ“uvre ?

La terre contient plus ou moins des spores de champignons. Mais celles-ci hibernent la plupart du temps. Le contact avec du bois de branches, comme cela se produit naturellement en forêt, déclenche la germination des spores.

Au contact du bois, la spore émet des enzymes à l’extérieur qui vont réagir au contact de la lignine, ce sucre complexe qui donne la rigidité au bois. La partie fraîche du BRF, notamment issue de la sève sous l’écorce lacérée, semble jouer un rôle important dans ces échanges biochimiques : sucres en formation, acides aminés, peptides, bio catalyseurs, etc.

Les produits de la réaction entre les enzymes émises et les substances rencontrées sont en partie réintégrés par le champignon pour construire la croissance de ses filaments mycéliens : la matière fongique se développe en abondance et stimule la multiplication de la faune fongivore : acariens, collemboles, micro arthropodes.

Ces animaux se meuvent dans le sol et créent des galeries qui favorisent son oxygénation. Les déjections produites ou boulettes fécales attirent d’autres êtres vivants et c’est bientôt un réseau alimentaire complexe qui s’installe liant chaque maillon par des relations d’échange et de dépendance relative.

La faune se complexifie jusqu’aux espèces régulatrices comme les scorpioïdes ou arachnides. Le sol devient vivant, diversifié et doté d’un savoir faire qui s’exprime bientôt sur les plantes cultivées : développement végétatif sans stress notamment hydrique, régie nutritionnelle en faveur des plantes, floraison et fructification optimales, récolte abondante, qualité gustative des produits, etc.

Il est communément admis que l’être vivant le plus lourd sur la planète est la matière fongique et l’être animal le plus lourd le ver de terre. 80% de la biomasse vivante se retrouve d’ailleurs dans le sol planétaire. On dit du BRF qu’il aggrade le sol et on parle d’aggradation ce qui signifie littéralement « aller vers un état de progrès », formule qui introduit sa qualité de durabilité.

Jardin potager, massif de fleurs, plantes ornementales, verger fruitier, cultures agricoles, espaces verts, plantes ligneuses, et bien d'autres encore sont des lieux possibles pour faire l'expérience du BRF. Cela appartient à chacun de nous de s'y lancer tant le BRF n'est pas une affaire de spécialistes. Nous pouvons ainsi découvrir, petits et grands, cette nouvelle façon d’appréhender la santé de la terre et observer ce qu’elle nous chuchote dans sa manière de réagir au BRF.